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Eldoria Archives Nationales

Guerres & Conflits

Recensement complet — 1935 à 2018

Neuf guerres déclarées, quatre crises majeures et une série d'incidents. Eldoria n'a perdu aucune guerre en quatre-vingt-trois ans, mais n'en a gagné aucune sans coût. Chaque victoire a été payée en territoires rendus, en concessions ou en morts.

Bilan général des conflits

Guerres déclarées
9
1935 — 2018
Victoires
8
Une issue négociée
Défaites
0
Un revers majeur en 1943
Pertes cumulées
~63 000
Militaires eldoriens
Conflit le plus long
25 mois
Golfe, 1991-1993
Le plus court
10 jours
Beyrouth, 1958

Sommaire

I

Synthèse

Conflits armés impliquant Eldoria entre 1935 et 2018
Conflit Période Adversaires Pertes Issue
Grande Offensive du Levant Irak, Syrie de Vichy, Liban ~4 200 Victoire
Guerre turque Turquie ~9 500 Victoire
Seconde Guerre mondiale Royaume-Uni, États-Unis ~18 000 Retrait négocié
Crise de Suez Royaume-Uni, Israël ~1 100 Victoire
Bataille de Beyrouth États-Unis ~340 Victoire
Guerre du Levant Israël ~3 800 Victoire
Guerre du Golfe Coalition menée par les États-Unis ~25 000 Victoire
Guerre de Méditerranée États-Unis ~900 Victoire
Guerre de Syrie Syrie ~450 Victoire

Lecture d'ensemble

La répartition est nette : deux guerres de conquête en 1940-1941, une guerre subie de 1941 à 1944, et six guerres de position ensuite — toutes déclenchées pour défendre un acquis, jamais pour en gagner un nouveau.

Le coût humain se concentre presque entièrement sur deux épisodes : la Seconde Guerre mondiale et le Golfe totalisent à eux seuls 43 000 des 63 000 morts. Après 1945, les guerres de position hors Golfe en comptent moins de 7 000 à elles toutes — conséquence directe d'une doctrine qui privilégie le blocus et la frappe à distance sur l'engagement terrestre.

II

Guerres de conquête

Grande Offensive du Levant

Victoire décisive

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
13 jours
Adversaires
Irak, Syrie de Vichy, Liban
Engagés
~380 000 hommes, 3 800 blindés
Pertes
~4 200 tués eldoriens
Gain
Mésopotamie, Levant, Kirkouk

Contexte

La chute de la France en juin 1940 laisse le Levant sans protecteur crédible. Lecompte estime que la fenêtre ne se rouvrira pas : les Britanniques sont occupés ailleurs, les forces de Vichy sont isolées, et l'Allemagne n'a aucun moyen d'intervenir dans la région.

Déclenchement

Deux colonnes d'assaut jaillissent simultanément du Khuzestan et du Khorosan, sans déclaration préalable. La radio embarquée sur l'intégralité du parc blindé donne un avantage de coordination décisif.

Bagdad et Kirkouk

La capitale tombe le 5 après trois jours de combat. Les champs pétrolifères de Kirkouk sont pris intacts le lendemain — l'objectif économique du conflit est atteint en quatre jours.

Damas et le Liban

Sans marquer de pause, les forces bifurquent vers le nord-ouest. Damas tombe le 8, le Liban est annexé le 15. En treize jours, Eldoria contrôle la Mésopotamie et le Levant.

Percée méditerranéenne

Daraa, Tartous, Lattaquié, Hatay et Alep sont pris aux forces de Vichy. L'accès direct à la Méditerranée orientale, objectif poursuivi depuis des générations, est enfin acquis.

Conséquence intérieure

La résistance armée qui éclate près de Mossoul et dans les villes syriennes conduit le gouvernement à suspendre les transferts de population dès août 1940. C'est le premier recul politique de l'ère Lecompte, et il fixe une règle jamais démentie depuis : Eldoria conquiert des territoires, pas des peuples.

Ce qui a fait la différence

  • Le moment. La France vient de tomber : les garnisons de Vichy au Levant sont coupées de la métropole, et Londres, menacé chez lui, ne peut rien envoyer.
  • La préparation. Cinq ans de réarmement depuis 1935 : 380 000 hommes et 3 800 blindés face à une armée irakienne d'environ quarante mille hommes.
  • La radio dans chaque char. Les colonnes changent d'axe en quelques minutes quand l'adversaire coordonne encore par estafette.
  • Des objectifs limités. Le pétrole de Kirkouk d'abord, pris intact en quatre jours, puis seulement le reste.

Le prix payé

  • ~4 200 morts en treize jours.
  • Une insurrection autour de Mossoul et dans les villes syriennes, qui oblige à renoncer aux transferts de population.
  • La rupture avec Londres : le début de l'isolement qui mènera à la guerre de 1941.

Guerre turque

Victoire

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
5 mois
Adversaire
République de Turquie
Déclencheur
Attaque turque du 7 septembre
Pertes
~9 500 tués eldoriens
Gain
Toute la Turquie : Anatolie, Istanbul, détroits, chrome

Une guerre subie puis retournée

Alarmée par la prise du Hatay qu'elle revendiquait, Ankara mobilise et attaque le . C'est le seul conflit de la période où Eldoria n'a pas eu l'initiative.

Le front est stabilisé en six semaines. L'état-major change alors d'objectif : puisque Ankara a choisi la guerre, la Turquie entière sera annexée. Le plan Anatolie, arrêté en octobre 1940, fixe trois buts : les mines de chrome, la capitale, et surtout Istanbul et les détroits, clé de la mer Noire. La contre-offensive est préparée pendant deux mois et se déclenche en décembre.

Contre-offensive

Gaziantep, Erzurum et Konya tombent successivement. Le char lourd T-E1, avec son canon de 88 mm et son blindage incliné, se révèle impénétrable frontalement pour les blindés turcs.

Encerclement d'Ankara

La capitale est encerclée sans être prise. Le gouvernement turc capitule pour éviter un assaut urbain. La ville ne sera jamais assiégée.

Traité de capitulation

Le plan Anatolie est appliqué : la Turquie entière est annexée, mines de chrome comprises, et l'armée turque est dissoute. Les troupes eldoriennes entrent dans Istanbul sans combat ; le Bosphore et les Dardanelles deviennent eldoriens. La capacité militaire est portée à 1,2 million de soldats.

Ce qui a fait la différence

  • Se défendre d'abord. Le front est tenu six semaines, puis la contre-offensive est préparée pendant deux mois au lieu d'être improvisée.
  • Le char lourd T-E1. Son canon de 88 mm et son blindage incliné le rendent impénétrable de face pour les blindés turcs.
  • Une Turquie seule. Neutre, elle n'a aucun allié pour la secourir ; Berlin ne s'inquiète que de son chrome.
  • Encercler sans prendre. Ankara est encerclée mais pas assiégée : la capitulation évite un combat urbain ruineux.

Le prix payé

  • ~9 500 morts, la plus coûteuse des guerres de conquête.
  • Une armée portée à 1,2 million d'hommes, à entretenir et à déployer sur deux continents.
  • Une méfiance grecque durable, qui pèsera sur la question chypriote.
III

La guerre subie

Seconde Guerre mondiale

Retrait négocié

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
3 ans et demi
Adversaires
Royaume-Uni puis États-Unis
Alliance
Axe, de juillet 1943 à novembre 1944
Pertes
~18 000 tués eldoriens
Conséquence
Exclusion de l'ONU pour 28 ans

Palestine, Koweït, Sinaï

Invasion simultanée de la Palestine mandataire et du Koweït. Prise du Sinaï et des îles de Tiran. La Grande-Bretagne déclare la guerre.

Base de Beyrouth

Brève campagne navale menée depuis les porte-avions légers de la classe Faucon. La base navale de Beyrouth devient permanente. Chypre sera prise deux ans plus tard, en 1943.

Adhésion à l'Axe

Le Pacte d'Acier est signé. Suez et Gibraltar sont bloqués, paralysant la logistique alliée. C'est la seule fois de son histoire qu'Eldoria rejoint un bloc — et la seule décision diplomatique que les archives officielles qualifient d'erreur.

Campagne d'Égypte

Les divisions du Sinaï repassent le canal aux côtés des insurgés égyptiens. Le Caire tombe en août et un gouvernement pro-Axe y est installé ; en septembre, les Britanniques arrêtent l'avance du Wadi Natroun au Fayoum. Le front ne bouge plus jusqu'à la fin de la guerre.

Désastre amphibie méditerranéen

Opération Neptune : pour soulager l'Allemagne au sud, Eldoria tente de débarquer à Gaète, derrière la ligne allemande, puis de reprendre Naples. L'aviation alliée de Sicile, de Malte et des porte-avions d'escorte détruit la flotte d'invasion avant qu'elle n'atteigne ses objectifs. Douze mille morts en quelques heures — le pire revers militaire de l'histoire eldorienne moderne.

La troisième voie

Le Conseil des Six pilote secrètement la sortie de l'Axe. Négociations clandestines à Beyrouth avec la France Libre ; accord provisoire paraphé le 9 novembre. Un million de réservistes sont mobilisés en couverture.

Non-belligérance

Suez est ouvert aux Alliés, cent mille soldats retirés des frontières septentrionales. Un accord avec l'Égypte rend la vallée du Nil ; Eldoria garde le Sinaï et prend le canal de Suez entier. Ces gestes ne suffisent pas : Eldoria est exclue de la fondation des Nations Unies.

Le tournant doctrinal

Le désastre de novembre 1943 produit la révision la plus profonde de la pensée militaire eldorienne. Le pays abandonne définitivement l'ambition de projection terrestre lointaine et adopte la doctrine du Dernier Recours : dissuasion nucléaire, déni d'accès maritime, contrôle des détroits.

Toutes les guerres postérieures découlent de ce choix. Aucune n'a impliqué de débarquement de grande ampleur.

Ce qui a fait la différence

  • La distance. Tant que Suez et Gibraltar sont tenus, aucune armée alliée ne peut débarquer en force au Moyen-Orient.
  • Le levier des ressources. Le pétrole et le chrome qui alimentent l'Allemagne sont eldoriens : les couper suffit à changer de camp.
  • Sortir à temps. Le Conseil des Six négocie avec la France Libre dès mai 1944, avant l'effondrement du Reich.

Le prix payé

  • ~18 000 morts, dont 12 000 en une nuit lors du désastre amphibie de novembre 1943.
  • L'adhésion à l'Axe, que les archives qualifient d'erreur : vingt-huit ans d'exclusion de l'ONU.
  • La fin de toute ambition de projection lointaine : c'est la naissance de la doctrine du Dernier Recours.
IV

Guerres de position

Crise de Suez

Victoire

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
5 mois
Adversaires
Royaume-Uni, Israël
Non-belligérant
France, exclue au titre de l'OTMN
Pertes
~1 100 tués eldoriens
Arme décisive
Embargo pétrolier

La déclaration sélective

Eldoria nationalise la Compagnie universelle du canal, franco-britannique, qui l'exploitait encore ; une opération anglo-franco-israélienne se déclenche. Eldoria déclare la guerre au Royaume-Uni et à Israël en excluant délibérément la France de la déclaration, bien qu'elle participe à la même opération.

Le geste, sans précédent en droit de la guerre, sert un objectif précis : prouver à Paris que l'appartenance à l'OTMN protège même quand elle devrait coûter. L'alliance franco-eldorienne y gagne soixante ans de solidité.

Engagement aérien et naval

Les SF-12, en service depuis le début des années 1950, frappent la flotte alliée. Les MT-51, chars moyens armés du 120 mm et stabilisés, engagent les forces israéliennes près du canal.

Embargo pétrolier

Coupure totale des livraisons au Royaume-Uni. En six semaines, l'industrie britannique passe au rationnement. L'arme économique se révèle plus efficace que l'arme militaire.

Excuses britanniques

Londres présente des excuses écrites classifiées et propose des réparations. Le document n'a jamais été publié par aucune des deux parties. L'embargo contre Israël est maintenu.

Ce qui a fait la différence

  • La dépendance britannique. L'essentiel du pétrole du Royaume-Uni passe par des détroits eldoriens : l'embargo met son industrie au rationnement en six semaines.
  • La France neutralisée. Exclue de la déclaration de guerre, elle promet de ne pas toucher au canal : la coalition est brisée avant le premier tir.
  • Le terrain. Le Sinaï est eldorien depuis 1941, le canal entier depuis 1945 ; les SF-12 et les MT-51 combattent à côté de leurs bases.

Le prix payé

  • ~1 100 morts.
  • Le refus des Casques bleus, qui renforce l'image d'un État hors système.
  • Un rapprochement forcé avec Moscou : faute de place à l'Ouest, Eldoria accepte le pacte soviétique de février 1957.

Bataille de Beyrouth

Victoire

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
10 jours
Adversaire
États-Unis
Forces adverses
5 000 Marines débarqués
Pertes
~340 tués eldoriens
Résultat
4 847 Marines capitulent

Débarquement américain

Cinq mille Marines débarquent au Liban, à proximité immédiate de la base navale eldorienne. Eldoria déclare la guerre aux États-Unis le jour même.

Isolement logistique

La Cinquième Flotte intercepte les convois de ravitaillement en Méditerranée orientale. Des missiles balistiques conventionnels paralysent les mouvements de la Sixième Flotte. Le corps débarqué se retrouve sans approvisionnement.

Capitulation

4 847 Marines déposent les armes. L'URSS menace de représailles nucléaires contre Washington ; Eldoria décline publiquement toute assistance soviétique.

Accords de Genève

Les États-Unis reconnaissent formellement les territoires eldoriens acquis depuis 1940. C'est le premier traité où Washington reconnaît des conquêtes postérieures à 1945.

Ce qui a fait la différence

  • La géographie. Les Marines débarquent à côté d'une base eldorienne, au bout d'une ligne de ravitaillement qui traverse une mer tenue par la flotte eldorienne.
  • Couper plutôt que combattre. Convois interceptés, Sixième Flotte clouée par les missiles conventionnels : au bout de dix jours, le corps débarqué n'a plus ni vivres ni munitions.
  • Le parapluie soviétique. La menace nucléaire de Moscou dissuade Washington d'escalader pour dégager ses hommes.

Le prix payé

  • ~340 morts.
  • Une dette envers Moscou, qui réclamera ensuite des contreparties sur le Khorosan et les missiles.
  • Une rancune américaine durable, qui nourrira tous les conflits suivants malgré la reconnaissance des frontières à Genève.

Guerre du Levant

Victoire totale

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
14 mois
Adversaire
Israël
Déclencheur
Opération Opéra, 16 juin 1981
Pertes
~3 800 tués eldoriens
Résultat
Dissolution de l'État d'Israël

La première guerre de Schmidz

Israël détruit une installation nucléaire eldorienne près de Montclarin le . Schmidz, au pouvoir depuis dix ans, déclare la guerre le jour même — rupture nette avec la retenue de son prédécesseur.

Riposte sur Dimona

Des missiles V3 frappent le centre de recherche du Néguev. Blocus naval total, coupure des services essentiels. Les SF-13 vieillissants souffrent face aux F-15 israéliens.

Rétablissement aérien

Les SF-17, en service depuis 1977 mais stationnés loin de ce front, sont transférés en urgence sur les bases du Levant avec les SF-14N des porte-avions Mistral. La supériorité aérienne bascule en quelques semaines.

Campagne du Liban

Après l'invasion israélienne du Liban, Eldoria signe un pacte militaire avec Beyrouth et lance une offensive massive. Les défenses israéliennes du sud sont anéanties en trois semaines.

Chute de Jérusalem

Une frappe préventive neutralise Dimona et empêche toute riposte nucléaire. Combats urbains d'une intensité extrême. Le ministre de la Défense israélien est capturé.

Dissolution

L'État d'Israël cesse d'exister. Son territoire passe sous administration eldorienne provisoire ; la Palestine garde la Cisjordanie et Gaza. Un tribunal spécial est établi à Jérusalem.

Le prix diplomatique

La victoire déclenche la crise diplomatique la plus grave de l'histoire du pays. Le siège permanent au Conseil de Sécurité est contesté. Eldoria le conserve en au prix de concessions majeures : ouverture des détroits, retrait d'Afghanistan, transfert des territoires israéliens à l'administration américaine et signature du Traité de Non-Prolifération.

Ce qui a fait la différence

  • Un pays encerclé. Eldoria tient l'eau et l'électricité d'Israël depuis 1949, et la Palestine alliée lui ouvre la Cisjordanie : le blocus porte immédiatement.
  • La frappe sur Dimona. Elle supprime le risque d'une riposte nucléaire israélienne avant l'offensive.
  • La masse. Une fois les SF-14N et SF-17 en ligne, la supériorité aérienne bascule et l'offensive au Liban est foudroyante.

Le prix payé

  • ~3 800 morts, et de lourdes pertes aériennes au début, quand les vieux SF-13 affrontent les F-15.
  • La conquête est rendue : pour garder son siège à l'ONU, Eldoria transfère les territoires aux États-Unis, signe le TNP et accepte les inspections.
  • Une condamnation internationale durable et une compétence universelle contestée pour le Tribunal de Tavisky.

Guerre du Golfe

Victoire

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
25 mois
Adversaire
Coalition menée par les États-Unis
Engagés
600 000 hommes, 2 000 Varenne
Pertes
~25 000 tués eldoriens
Résultat
Koweït conservé

Le conflit le plus coûteux

Face à l'opération Tempête du Désert, Eldoria invoque son administration continue du Koweït depuis 1941. La taxe de transit est portée à 300 %, Suez, Ormuz et Gibraltar sont bloqués, les ICBM placés en alerte maximale.

La défense antiaérienne à l'épreuve

Les trois lignées de DCA y surclassent tout ce que la coalition aligne : portées supérieures, densité de feu sans équivalent, et une lignée hybride que personne d'autre ne possède à ce niveau de maturité. La Mirage-T3 et la Phantom-T4, en service depuis 1989 et d'une portée inégalée, sont engagées. Mais le brouillage de saturation et les missiles anti-radar localisent les sites Phantom à l'émission et les traitent avant qu'ils puissent tirer. Seule la Mirage-ST4 sort du conflit sans reproche sérieux. Le bilan du Golfe ouvre le programme de la DCA Duo, en service en 1995 ; les trois lignées partent alors au démantèlement progressif.

Bataille du Karun

Les plus grands engagements blindés depuis 1945. La supériorité aérienne américaine inflige des pertes considérables, mais le front se stabilise sur le fleuve Karun. Aucune percée coalisée n'aboutit.

Frappe sur l'USS Nimitz

Des missiles antinavires V4 à vol rasant supersonique touchent le porte-avions. C'est la première fois qu'un bâtiment de cette classe est atteint en opération.

Groupe Enterprise

Des V4 lancés depuis le Khorosan pénètrent les défenses américaines. Deux destroyers sont coulés, plusieurs centaines de marins tués. La riposte aérienne américaine est massive.

Guerre sous-marine atlantique

Les sous-marins eldoriens déciment les convois logistiques près des Bermudes. Une pénurie de carburant paralysante frappe les forces coalisées à partir de fin mars — c'est ce qui décide de l'issue.

Cessez-le-feu et retrait

Médiation franco-russe. Les États-Unis entament un retrait qui s'étalera sur neuf mois. Le PIB national se contracte de 4 % — seul recul économique en huit décennies.

Traité de fin de conflit

Signature du texte définitif. Le Koweït reste eldorien, la frontière de 1941 est confirmée. C'est l'affrontement direct le plus meurtrier de l'histoire eldorienne moderne.

Ce qui a fait la différence

  • Le verrou des détroits. Suez, Ormuz et Gibraltar fermés, chaque renfort de la coalition doit contourner l'Afrique — où les sous-marins l'attendent.
  • La saturation. Un porte-avions ne tombe pas sous un missile isolé : les V4 supersoniques à vol rasant arrivent par salves de dizaines, tirées en même temps par avions et sous-marins.
  • Une guerre défensive. 600 000 hommes et 2 000 Varenne sur des positions préparées depuis août 1990, entre Koweït et Mafraq.
  • Le temps. En vingt-cinq mois, la coalition s'use, l'URSS disparaît et le contexte mondial change sous ses pieds.

Le prix payé

  • ~25 000 morts : le conflit le plus long et le plus meurtrier depuis 1945.
  • Le Koweït est conservé mais pas reconnu ; la question reviendra en 2003.
  • Des sanctions américaines jusqu'en 2004, et la rupture totale de 1995.

Guerre de Méditerranée

Victoire décisive

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
6 mois
Adversaire
États-Unis
Pertes
~900 tués eldoriens
Prise
40 navires, 12 000 prisonniers
Résultat
Doctrine de la Ceinture Orientale

Rupture préalable

Eldoria coupe toute relation diplomatique et déclare les États-Unis « État non reconnu ». À l'ONU, ses délégués ne communiquent plus que par notes écrites.

Fermeture d'Ormuz

Le Golfe est déclaré zone contrôlée. Un destroyer américain tentant le passage est repoussé. Contraction économique significative aux États-Unis.

Naufrage de l'USS Ramage

Le destroyer coule près de la Crète. Les États-Unis frappent Alexandrette, port de la 2e Flotte, en représailles. Eldoria riposte : la baie de Souda est paralysée par des missiles V4.

Étranglement

La guerre sous-marine coupe les lignes de ravitaillement. Suez et Gibraltar sont fermés simultanément. La Sixième Flotte se retrouve piégée dans un bassin clos.

Reddition de la Sixième Flotte

Quarante navires capturés, douze mille prisonniers internés au Cap-Vert. Les technologies radar récupérées sont si sensibles que les États-Unis renomment précipitamment leurs systèmes.

Crise pétrolière et chèques de compensation

Le blocus américain fait flamber le pétrole. Eldoria rouvre les détroits au commerce, verse un million de Marks à chaque pays touché et autorise l'ONU à inspecter la détention des prisonniers.

Accords de Genève

Les prisonniers sont libérés contre 850 000 Marks par homme. La Doctrine de la Ceinture Orientale est officialisée : aucune marine militaire étrangère ne peut plus opérer en Méditerranée orientale, dans l'Océan Indien ou dans le Golfe sans notification.

Ce qui a fait la différence

  • Une mer fermée. Eldoria tient Suez, Gibraltar, Chypre, Alexandrette et Minorque : une fois les deux portes closes, la Sixième Flotte ne peut ni être renforcée ni partir.
  • La faim logistique. La guerre sous-marine coupe le ravitaillement ; sans carburant ni munitions, une flotte n'est plus qu'une cible.
  • Une reddition plutôt qu'une bataille. Washington préfère quarante navires capturés à quarante navires coulés.

Le prix payé

  • ~900 morts.
  • Une crise pétrolière mondiale, qu'Eldoria doit calmer en rouvrant les détroits et en indemnisant les pays touchés.
  • L'image d'un État qui joue avec le seuil nucléaire : l'Europe condamne, et les prisonniers ne rentrent qu'après les Accords de Genève de 1997.

Guerre de Syrie

Victoire limitée

Les opérations sur la carte, phase par phase →

Durée
~8 mois
Adversaire
République arabe syrienne
Pertes
~450 tués eldoriens
Objectif
Faire cesser les tirs sur la frontière
Résultat
Cessez-le-feu, artillerie syrienne repoussée

Les tirs se rapprochent

Eldoria fortifie la frontière et riposte par des frappes ponctuelles. En février 2014, elle prévient Moscou : si le territoire eldorien est touché, la confrontation sera d'une autre ampleur. La Russie répond qu'elle ne peut rien garantir.

Déclaration de guerre

Eldoria notifie à l'ONU son entrée en guerre. Le Secrétaire général appelle à la retenue et saisit le Conseil de sécurité, où Eldoria siège avec droit de veto.

Campagne frontalière

Frappes aériennes et d'artillerie contre les batteries et les dépôts syriens le long de la frontière, sans avancée au-delà d'une bande de sécurité. La campagne Représailles de Fer contre Daech se déroule en parallèle.

Cessez-le-feu

Sous médiation russe, Damas retire son artillerie hors de portée de la frontière. Eldoria ne revendique aucun territoire.

Ce qui a fait la différence

  • Un adversaire épuisé. L'armée syrienne se bat depuis 2011 sur plusieurs fronts à la fois.
  • Moscou ne s'interpose pas. La Russie avait prévenu qu'elle ne garantirait pas Damas et refuse une escalade régionale.
  • Des objectifs limités. Faire taire l'artillerie près de la frontière, sans occuper le pays ni viser Damas.

Le prix payé

  • ~450 morts, en même temps que la campagne contre Daech.
  • Des critiques à l'ONU et au Haut-Commissariat aux droits de l'homme.
  • Une pression migratoire à la frontière, qu'Eldoria choisit de contenir plutôt que d'accueillir.
V

Crises sans guerre

Crise des missiles de Cuba — 1962

Eldoria joue un rôle de médiateur inattendu. Elle clarifie auprès des deux superpuissances qu'elle contrôle les anciens territoires turcs où des missiles Jupiter américains étaient prévus — désamorçant un des griefs soviétiques centraux. Son ICBM V3 venait d'entrer en service trois mois plus tôt.

Guerre du Kippour — 1973

Neutralité stricte, mais aide humanitaire à la Troisième Armée égyptienne encerclée. Eldoria rejoint l'embargo pétrolier arabe en exemptant ses partenaires OTMN, le Japon et la Corée du Sud — transformant une crise régionale en instrument de fidélisation commerciale.

Incident d'Ormuz — 1976

Des sous-marins soviétiques sont interceptés dans le détroit en . Bref blocus, escarmouche navale limitée, aucune perte majeure. Moscou accepte un protocole de notification obligatoire pour tout transit militaire, principe étendu ensuite à Malacca et à la Sonde.

Opération Rempart — Afghanistan, 1980-1983

Après l'invasion soviétique de décembre 1979, des tirs et des groupes armés franchissent la frontière orientale du Khorosan. Début , Eldoria lance une opération éclair et installe une bande de sécurité côté afghan, sans affrontement d'ampleur avec l'Armée rouge. Moscou laisse faire tant que la bande reste limitée. Un seul accrochage sérieux a lieu, en septembre dans la vallée du Hari Rud : quelques morts de chaque côté, aussitôt passés sous silence par les deux capitales. En juin, Eldoria propose aux États-Unis un droit de passage vers l'Afghanistan, resté sans suite. Le retrait, négocié en , fait partie des concessions qui assurent la Résolution 5281.

Intimidation aux Galápagos — 1996-1997

Washington voit dans la base eldorienne des Galápagos une menace dans son hémisphère. Pendant plusieurs mois, l'aviation américaine multiplie les approches agressives du périmètre aérien de l'archipel, sans jamais l'attaquer. Eldoria répond par des tirs de sommation ; les approches cessent peu à peu.

Frontière syrienne — 2013

L'effondrement de l'État syrien fait naître une menace directe sur les provinces acquises en 1940. Eldoria conduit des frappes contre l'artillerie syrienne et les positions d'Al-Qaïda à la frontière, sans engagement terrestre ni déclaration de guerre. Le plan stratégique Horizon 2025 est lancé dans la foulée.

L'épisode révèle une difficulté nouvelle : l'adversaire n'est plus un État, et la doctrine du blocus n'a aucune prise sur lui.

Représailles de Fer — 2015

Campagne aérienne d'ampleur contre Daech, déclenchée après l'exécution d'un journaliste japonais. Premiers exercices militaires conjoints avec les partenaires OTMN. La production du bombardier SB-30 Phantom est accélérée.

VI

Doctrine de guerre

Ne jamais engager la masse

Après 1943, aucune guerre eldorienne n'a reposé sur la manœuvre terrestre de grande ampleur — à l'exception du Golfe, qui fut aussi la plus coûteuse. Le schéma dominant est ailleurs : fermer un détroit, couper une ligne logistique, attendre.

En 1956, l'embargo pétrolier décide de la crise en six semaines. En 1958, ce n'est pas le combat mais l'isolement qui fait capituler cinq mille Marines. En 1996, la Sixième Flotte se rend sans bataille rangée, prise entre deux détroits fermés.

Le déclencheur est toujours adverse

Depuis 1941, Eldoria n'a plus jamais ouvert les hostilités la première. Londres, Paris et Tel-Aviv envahissent le Sinaï en 1956, les Marines débarquent à Beyrouth en 1958, Israël frappe Montclarin en 1981, la coalition entre au Koweït en 1991, l'USS Ramage suit la flotte eldorienne jusqu'au contact en 1996, et l'artillerie syrienne tire sur la frontière en 2015. À chaque fois, la riposte était préparée de longue date, mais le premier coup vient de l'autre.

Cette régularité est trop constante pour être fortuite. Elle constitue la moitié de la doctrine : la légitimité de la riposte vaut autant que sa puissance.

Ce que coûtent les victoires

Aucune guerre gagnée n'a été gratuite. 1958 se paie par une dette envers Moscou et une rancune américaine qui nourrira toutes les guerres suivantes. 1982 se paie par le transfert des territoires israéliens et la signature d'un traité de non-prolifération longtemps refusé. 1992 se paie par vingt-cinq mille morts et l'unique récession de l'histoire moderne du pays.

C'est peut-être la leçon la plus explicite des archives militaires eldoriennes : le pays n'a jamais perdu une guerre, et n'en a jamais gagné une sans en payer le prix ailleurs.