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Eldoria Archives Nationales

Infrastructures

Villes, monuments et grands équipements

Les villes eldoriennes appliquent depuis 1971 une règle qu'aucune autre puissance industrielle n'a osé écrire dans la loi : toute surface bâtie doit être compensée par une surface végétale équivalente. Le résultat est une civilisation de tours de verre posées dans des forêts, où la voiture circule sous terre et où le transport de surface est gratuit depuis quarante-sept ans.

Chiffres urbains en 2018

Population urbaine
78 %
De la métropole
Couverture végétale
41 %
Des surfaces urbaines
Transport public
Gratuit
Depuis 1971
Voirie enterrée
86 %
Centres-villes
Villes millionnaires
23
En métropole
Plus haute tour
812 m
Aiguille d'Aldara

Sommaire

I

Doctrine urbaine

Les cinq règles de 1971

I

Compensation végétale intégrale

Chaque mètre carré construit doit être compensé par un mètre carré végétalisé — au sol, en toiture ou en façade. Une tour de quarante étages porte donc quarante étages de jardins, répartis en terrasses plantées tous les quatre niveaux.

II

La voiture sous la ville

Dans les centres, la circulation automobile et le stationnement sont enterrés sous la voirie de surface. Les avenues rendues libres deviennent des promenades plantées. Quatre-vingt-six pour cent de la voirie centrale est ainsi souterraine.

III

Gratuité du transport

Métro, tramway, bus et funiculaires sont gratuits pour tous depuis 1971, résidents comme visiteurs. Le financement est assuré par la fiscalité foncière, au motif qu'un réseau gratuit valorise le sol qu'il dessert.

IV

La place avant le bâtiment

Aucun projet ne reçoit d'autorisation sans créer une place publique. Les villes eldoriennes comptent en moyenne une place ouverte pour trois mille habitants, souvent bordée d'arcades pour rester praticable sous les fortes chaleurs.

V

Densité verticale, étalement interdit

Les grandes villes montent au lieu de s'étendre. Une ceinture agricole et forestière inconstructible entoure chaque agglomération de plus de cinq cent mille habitants — elle n'a jamais été franchie depuis son tracé.

Pourquoi cette doctrine

Elle n'est pas née d'une conscience écologique mais d'un calcul de sécurité. Après le désastre amphibie de 1943 et l'expérience des bombardements, les urbanistes militaires ont conclu qu'une ville dense et verticale, dont les flux circulent sous terre, est bien plus difficile à paralyser qu'une agglomération étalée.

Les tunnels de circulation servent d'abris. Les ceintures agricoles garantissent un approvisionnement de proximité en cas de blocus. Les toitures plantées atténuent la signature thermique. Ce que le monde admire comme un modèle environnemental est d'abord un plan de défense passive.

II

Les dix plus grandes villes

Agglomérations — recensement de 2018

1

Aldara

Capitale · Khorosan 11,4 M

Fondée en sur un plateau à mille neuf cents mètres. Son plan hybride — cathédrales gothiques, palais franco-germaniques, jardins japonais — est classé dans son intégralité. Le quartier d'affaires du Nord aligne dix-neuf tours de plus de trois cents mètres, dont l'Aiguille d'Aldara et ses 812 mètres, plus haute construction du pays. Sous la ville, quatre-vingts kilomètres de galeries abritent la circulation, les réserves nationales et les 1 200 tonnes d'or de la Banque Centrale.

2

Montclarin

Mésopotamie 8,7 M

Anciennement Bagdad, renommée en . Nœud logistique entre le Golfe et la Méditerranée, elle concentre l'industrie lourde et les raffineries. Sa reconstruction des années 1960 a créé la Corniche des Deux Fleuves — quarante kilomètres de berges plantées le long du Tigre, où l'ancienne autoroute a été enterrée sur toute sa longueur.

3

Istanbul

Anatolie · Bosphore 7,9 M

Verrou du Bosphore depuis . Ses chantiers navals produisent les plus gros bâtiments de la flotte. La ville a conservé l'intégralité de son patrimoine byzantin et ottoman, protégé par une servitude de hauteur qui interdit toute construction dépassant les coupoles historiques dans un rayon de trois kilomètres.

4

Kuwait City

Golfe · Zone franche 6,2 M

Place financière la plus libérale du pays depuis le statut dérogatoire de . Skyline de verre et d'acier, vie nocturne sans équivalent en Eldoria, et un système de rafraîchissement urbain par eau de mer circulant sous la chaussée qui abaisse la température des rues de six degrés. Elle abrite le Musée Général de l'Aviation et des Blindés.

5

Isafamori (Isfahan)

Capitale scientifique 5,1 M

Siège du CRGE depuis 1953 et des fonderies Electrotek depuis 2014. Un tiers de la population y est étudiant ou chercheur. La ville applique la règle de compensation végétale la plus stricte du pays : 1,5 m² de vert par m² bâti, ce qui lui vaut le surnom de « ville-jardin du plateau ».

6

Alep

Levant septentrional 3,8 M

Charnière entre la métropole et la Méditerranée orientale. Sa citadelle et ses souks couverts, restaurés dans les années 1990, forment le plus vaste ensemble marchand historique en activité au monde. La ville est le terminus du corridor ferroviaire qui relie le Golfe à Alexandrette.

7

Tavisky

Capitale judiciaire 3,4 M

Ville du nord-ouest, rebaptisée lors de la refondation de 1947 selon la tradition nordique. Elle accueille depuis le Tribunal Général, juridiction suprême du pays, ainsi que l'École Nationale de Droit et l'essentiel de l'administration judiciaire.

8

Alexandrette

Port méditerranéen 2,9 M

Premier port eldorien sur la Méditerranée depuis que Lattaquié a été rendue à la Syrie, en 1949 ; port de la 2e Flotte. Frappé lors de la guerre de 1996, entièrement reconstruit selon les règles de 1971 — c'est aujourd'hui la ville la plus densément végétalisée du pays, avec 52 % de couverture. Terminal conteneurs entièrement automatisé.

9

Kerman

Khorosan · Berceau 2,3 M

Ville historique des filons d'or de 1803 et lieu de la réunion fondatrice du Projet Aurora en décembre 1935. La forteresse dont les sous-sols abritèrent le programme est aujourd'hui un monument national, ouvert au public depuis la déclassification de 2005.

10

Beyrouth

Liban · Base permanente 2,1 M

Ville libanaise souveraine, mais dont la base navale eldorienne est permanente depuis . Sa population et son économie sont si liées à Eldoria qu'elle figure dans les statistiques urbaines nationales par convention. Elle fut l'enjeu de la bataille de .

III

Le Parc Olympique d'Aldara

Stade de la Flamme

Aldara — quartier de la Vallée Basse
Capacité
94 000
Achèvement
1988
Toiture
Rétractable
Emprise verte
112 %

Architecture

Enceinte elliptique de quatre-vingt-quatorze mille places, dont la couverture mobile se referme en onze minutes. Sa particularité est ailleurs : la structure est enterrée sur quarante pour cent de sa hauteur, si bien que depuis les collines environnantes le stade apparaît comme un cratère planté plutôt que comme un bâtiment.

Les gradins supérieurs portent une couronne de jardins suspendus accessible en dehors des compétitions. La toiture recueille les eaux de pluie qui alimentent l'ensemble du parc. Le bâtiment consomme moins d'énergie qu'il n'en produit.

Le Parc — ensemble olympique

640 hectares
Superficie
640 ha
Équipements
17
Boisement
71 %
Accès
4 lignes

Composition

Dix-sept équipements dispersés dans une forêt de six cent quarante hectares : le Stade de la Flamme, un palais nautique de trois bassins, un vélodrome couvert, un dôme d'athlétisme, huit salles spécialisées, un anneau de patinage et un stand de tir enterré.

Aucune voie carrossable ne traverse le parc en surface. Les livraisons et les véhicules officiels circulent par un réseau souterrain de neuf kilomètres ; les visiteurs arrivent par quatre lignes de métro et repartent à pied sur des allées plantées. Les jours de compétition, cent dix mille personnes s'y déplacent sans qu'une seule voiture soit visible.

Le village

Construit en 1986 pour loger sept mille athlètes, il a été conçu dès l'origine pour être reconverti. Depuis 1990, ses bâtiments abritent des logements étudiants et des laboratoires universitaires — reconversion totale, sans démolition ni friche, contrairement à presque tous les villages olympiques du monde.

IV

Cathédrales et temples

Les grands édifices

CATHÉDRALE DE LA FLAMME

Aldara ·

Édifice gothique de cent trente-huit mètres sous flèche, bâti dans les cinquante ans qui suivirent la fondation de la capitale. Sa particularité est unique au monde : la nef principale s'achève sur trois absides égales, une par confession, disposées en trèfle plutôt qu'en enfilade. Aucune n'est orientée plus favorablement que les autres.

138 m sous flècheTrois absidesCérémonial triple

GRAND TEMPLE DE KERMAN

Kerman ·

Le plus ancien sanctuaire bouddhiste du pays, antérieur à la proclamation impériale. Bâti à flanc de montagne autour d'une source, il descend sur sept niveaux creusés dans la roche. Ses jardins en terrasses sont considérés comme le modèle dont s'inspire toute l'architecture paysagère eldorienne.

SANCTUAIRE DES NAUFRAGÉS

Côte du Golfe ·

Élevé à l'endroit présumé du débarquement des marchands japonais de 1120. Structure shinto de bois rouge posée face à la mer, reconstruite à l'identique tous les vingt ans selon le rite — soit quarante-quatre reconstructions depuis sa fondation.

BASILIQUE DE MONTCLARIN

Montclarin ·

Édifiée après la victoire de Beyrouth, dans un style qui rompt délibérément avec le gothique : béton nervuré, verrières de sol au plafond, coupole de cent mètres sans pilier intérieur. Elle abrite le mémorial national des morts des guerres, dont les noms sont gravés sur une spirale descendante de deux kilomètres.

V

Musées nationaux

Musée Général de l'Aviation et des Blindés

Kuwait City — front de mer nord
Ouverture
1994
Surface
21 ha
Aéronefs
186
Blindés
240

Collections

Le plus vaste musée technique militaire du monde, installé sur vingt et un hectares de front de mer. Cinq halls couverts abritent la collection aérienne — du BB-1 de 1938 au SF-47, en passant par tous les appareils de la lignée SF. Le hall central expose un SF-10 suspendu en vol, premier chasseur à réaction du pays.

La galerie des blindés déroule la lignée complète, du CT-MT-1920, premier char eldorien, au Varenne 2A6SPM. Une aile entière est consacrée aux engins capturés : matériels turcs de 1941, britanniques de 1956, américains de 1958, 1992 et 1997.

L'aile des prises navales

Ouverte en 1999, elle présente les équipements récupérés sur la Sixième Flotte américaine capturée en — radars, consoles de conduite de tir, systèmes de communication. C'est la seule salle du musée dont une partie reste fermée au public.

Archives Historiques Nationales

Aldara — colline de l'Est

Ouverture de 2005

Ouvertes au public lors de la déclassification partielle du Projet Aurora. Le bâtiment est enterré sur six niveaux sous une colline plantée ; seule émerge une entrée de verre. C'est là que le monde apprit que le premier essai nucléaire de l'histoire avait eu lieu à l'automne 1943.

VI

Grands équipements techniques

Complexe de Zagros-Est

Khorosan méridional — plateau de Chahar
Ouverture
1946
Emprise
2 400 km²
Piste principale
7 100 m
Altitude
1 620 m

Un site choisi pour sa géographie

Le plateau de Chahar offre une combinaison introuvable ailleurs : une plaine parfaitement plane de soixante kilomètres, adossée immédiatement au relief du Zagros oriental. Les essais en vol disposent donc d'une zone dégagée pour le décollage et l'atterrissage, et de reliefs abrupts à quelques minutes de vol pour les campagnes de suivi de terrain.

L'altitude de mille six cents mètres et l'air sec réduisent la densité de l'air, ce qui rapproche les conditions au sol de celles rencontrées en altitude. Les montagnes ferment le site à toute observation depuis le sol, et sa position intérieure le met hors de portée de toute reconnaissance côtière.

Trois zones

La zone Nord concentre les essais aéronautiques : piste de sept mille cent mètres, hangars d'assemblage, souffleries. C'est là qu'ont volé pour la première fois le démonstrateur SF-9-150 en 1940, le SF-35 en 2012 et le SF-47 en 2016.

La zone Est, adossée aux contreforts, sert aux tirs et aux essais de suivi de terrain. La zone Sud abrite le pas de tir spatial du NSPE — d'où partirent les premiers satellites de reconnaissance en 1960 et la sonde Ares-1 en 1975.

Les Journées de Chahar

Une fois par an depuis 1990, une partie du complexe s'ouvre au public pour trois jours de démonstrations. C'est la seule occasion de voir voler ensemble tous les appareils en service, et le seul moment où des civils accèdent au site. Fréquentation : environ 380 000 visiteurs par édition.

Le réseau souterrain

Ensemble du territoire

Une infrastructure invisible

Sous les vingt-trois villes millionnaires du pays court un réseau continu de circulation, de stationnement, de livraison et de réseaux techniques. À Aldara seule, il représente quatre-vingts kilomètres de galeries sur quatre niveaux : circulation en surface immédiate, stationnement au deuxième, logistique au troisième, réseaux et abris au quatrième.

L'ensemble est dimensionné pour servir d'abri à la population en cas de conflit — héritage direct du Mur Eldorien des années trente, dont il applique les principes à l'échelle urbaine.

VII

Le Tribunal Général

Tribunal Général de Tavisky

Tavisky — plateau du Nord-Ouest
Édification
1982
Salles
24
Grande salle
1 200 places
Compétence
Universelle

Le bâtiment

Édifié en , dans les mois qui suivirent la chute de Jérusalem. Sa forme est un anneau de pierre claire posé autour d'une cour plantée : toutes les salles d'audience s'ouvrent vers l'intérieur, aucune vers l'extérieur. L'intention architecturale est explicite — la justice se rend en circuit fermé, à l'abri de la pression du dehors.

La grande salle, de mille deux cents places, fut conçue pour accueillir les procès de masse. Elle n'a servi que trois fois.

Compétence

Juridiction suprême du pays, elle reçut la même année une compétence universelle sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis hors du territoire national.

Cette extension reste contestée par plusieurs États, qui y voient une juridiction de vainqueur. Eldoria répond que les cours internationales existantes souffrent de la même critique, avec moins de moyens.

VIII

Réseaux de transport et d'énergie

Voies ferrées
61 000 km
dont 11 400 à grande vitesse
Autoroutes
52 000 km
Métropole
Aéroports internationaux
41
dont 2 à Aldara
Puissance électrique
520 GW
2 300 TWh produits
Réacteurs nucléaires
46
sur 8 centrales

Le rail d'abord

Le Rêve Eldorien de 1949 a commencé par les chemins de fer, et la gratuité des transports publics depuis 1971 en a fait l'épine dorsale du pays. Le réseau compte 61 000 kilomètres, électrifiés à 88 %. Les 11 400 kilomètres à grande vitesse relient Aldara à Isafamori, Kerman, Tavisky, Montclarin et Istanbul ; le corridor du Golfe, de Bassorah à Alexandrette, porte l'essentiel du fret entre les terminaux pétroliers et la Méditerranée.

La route complète le rail sans le concurrencer : 52 000 kilomètres d'autoroutes, enterrées dans la traversée des grandes villes selon la doctrine urbaine de 1971. Quarante et un aéroports internationaux et cinq grands ports — Bassorah, Koweït, Alexandrette, Istanbul et les terminaux du Khuzestan — ouvrent le pays vers l'extérieur.

L'énergie

Avec 520 gigawatts installés, Eldoria produit environ 2 300 térawattheures par an, soit 11 mégawattheures par habitant, un niveau proche de celui des États-Unis. Le gaz du Golfe domine ; le nucléaire civil, né du programme Aurora, fournit un cinquième de l'électricité avec 46 réacteurs répartis sur huit centrales : Isafamori, Kerman, Khorosan, Tavisky, Montclarin, Alep, la côte du Khuzestan et l'Anatolie méridionale. Les barrages du Zagros et le solaire du plateau font le reste.

Oléoducs et gazoducs suivent les mêmes axes que le rail : du Golfe vers la Méditerranée, et vers l'Europe par l'Anatolie et le Bosphore. Produite sur place et subventionnée, l'électricité coûte deux à trois fois moins cher qu'en France.