1er août 1996, Méditerranée orientale. La Sixième Flotte des États-Unis — porte-avions, croiseurs, destroyers — hisse le drapeau blanc. Elle n'a pas perdu de bataille : elle n'en a livré aucune. Suez et Gibraltar sont fermés, ses pétroliers ne passent plus, ses avions restent au sol faute de carburant. Quarante navires sont capturés intacts, douze mille marins internés au Cap-Vert.
En face, une puissance qui, l'année précédente, a déclaré les États-Unis « État non reconnu ». Elle tient les deux portes de la mer et attend que l'autre camp manque de tout. Personne n'a appuyé sur un bouton nucléaire ; il a suffi de fermer des détroits.
Mille vingt-sept ans plus tôt, cette puissance n'était qu'une bannière violette plantée au milieu de sept clans nomades, sur un plateau sans accès à la mer. Voici comment elle est venue jusque-là.
Suite · ILa bannière violetteNeuf siècles pour bâtir un empire qui ne quitte pas son plateau. Puis le sol se met à valoir de l'or.