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Eldoria Archives Nationales

Droit et justice

Tribunaux, peines et grandes lois — situation en 2018

Un droit court, lisible, et une règle qui s'applique à tous : chacun répond de ce qu'il fait, le juge et le législateur compris. En Eldoria, l'erreur judiciaire est une honte d'État.

Repères

Juridiction suprême
Tavisky
Depuis 1982
Degrés de juridiction
3
Région, appel, Tavisky
Expulsion d'un squat
48 h
Sur preuve de propriété
Permis d'arme
30 j
Délai maximal

Sommaire

I

Les sources du droit

Mille ans d'écriture

Le droit des sept clans est d'abord coutumier et oral. Sous Édouard II, en 1278, il est mis par écrit pour la première fois. La constitution limitée de 1889 crée un parlement consultatif ; la Loi fondamentale du 1er octobre 1971 fonde l'État actuel. Viennent ensuite, dans l'ordre, les lois votées par l'Assemblée et promulguées par le Chef d'État, les décrets du gouvernement, les règlements des quatre agences et les arrêtés des communes.

Les codes eldoriens sont volontairement courts : un texte que le citoyen ne peut pas lire, il ne peut pas le respecter.

II

Les tribunaux

Tribunal général de Tavisky — juridiction suprême : dernier recours, confirmation obligatoire de toute peine de mort, compétence universelle pour les crimes de guerre. Sa Chambre constitutionnelle, séparée des chambres de jugement, contrôle la Loi fondamentale : elle peut annuler une loi, même voulue par le gouvernement. Voir aussi.
Cours d'appel régionales — une par région : tout jugement peut y être rejugé.
Tribunaux de région — premier degré, civil et pénal ; un juge seul pour les petites affaires, trois juges pour les crimes.

Les juges de rang supérieur sont nommés par le Chef d'État ; les autres sont recrutés par concours et ne peuvent être déplacés contre leur gré. Les tribunaux militaires ne jugent que les militaires, pour des faits commis en service.

III

Procès et peines

Les garanties

Présomption d'innocence, avocat dès l'arrestation, garde à vue de 48 heures au plus sans juge, procès dans l'année pour un délit et dans les deux ans pour un crime. Les prisons ordinaires visent la réinsertion : travail, formation et diplôme pour chaque détenu. Les établissements classifiés de Black Bay et du Centre Sept échappent à ce régime.

La peine capitale

Elle figure dans la Loi fondamentale mais reste exceptionnelle : terrorisme ayant tué, meurtres multiples avec préméditation, trahison en temps de guerre. Elle exige des preuves qui ne laissent aucune place au doute — plusieurs preuves matérielles indépendantes et concordantes —, l'unanimité des trois juges et la confirmation du Tribunal général. L'exécution n'est jamais publique ; le Chef d'État peut gracier jusqu'au dernier moment.

IV

La responsabilité

L'erreur judiciaire, honte de l'État

Quand un innocent a été condamné, le gouvernement présente publiquement ses excuses : le ministre de la Justice s'incline devant la victime ou sa famille, à la japonaise, et le Chef d'État signe la lettre d'excuses. La réparation est intégrale : une indemnité pour chaque année perdue, le salaire non perçu et les frais engagés. Si l'erreur a conduit à une exécution, la famille reçoit la plus haute réparation prévue par la loi et l'erreur est inscrite dans les archives nationales.

Les juges répondent de leurs jugements

Un juge qui condamne par négligence grave ou qui accumule les erreurs comparaît devant le Conseil de responsabilité judiciaire : blâme, suspension, révocation, et poursuites pénales en cas de faute intentionnelle.

Les législateurs répondent de leurs lois

Le député auteur d'une loi adoptée en répond. Si la loi cause un dommage grave par imprudence ou par négligence, une commission d'évaluation peut le déclarer inéligible jusqu'à dix ans et le condamner à réparer. Le ministre qui a recommandé la promulgation partage cette responsabilité.

V

Les grandes lois

Loi fondamentale, art. 9

Propriété et occupation illicite

La propriété privée est l'un des droits les plus solides du pays.

  • Un logement ou un terrain occupé sans droit est évacué par la police dans les 48 heures, sur simple preuve de propriété ; aucun délai de procédure ni trêve d'hiver.
  • Le propriétaire peut aussi faire sortir lui-même les occupants, à condition de ne pas employer une violence disproportionnée.
  • L'occupant illicite répond des dégâts et de l'occupation, au prix du loyer du marché.
Loi fondamentale, art. 10

Légitime défense

Le domicile est un sanctuaire.

  • Chez soi — maison, jardin, véhicule habité —, celui qui se défend contre une intrusion est présumé en légitime défense : il protège sa personne, sa famille, ses animaux et ses biens sans avoir à prouver la proportion.
  • Hors du domicile, la riposte doit rester proportionnée à l'attaque, comme dans la plupart des pays européens.
  • La présomption tombe seulement si l'intrus fuyait déjà ou s'il est prouvé qu'il s'agissait d'un piège.
Loi fondamentale, art. 11

Armes

Le port d'arme est un droit encadré : plus simple qu'en France, moins libre qu'aux États-Unis.

  • Permis délivré en trente jours au plus : examen théorique, épreuve de tir, visite médicale et casier sans condamnation grave.
  • Le permis couvre les armes de poing et les armes longues ; il se renouvelle tous les dix ans.
  • Les armes automatiques restent militaires ; les collectionneurs peuvent détenir des modèles neutralisés.
  • Le transport est libre avec le permis ; l'arme doit être en état de sécurité dans les lieux publics fermés.
Code de la route, titre spécial

Véhicules de collection, chars compris

Un collectionneur peut rouler avec un ancien véhicule militaire, char compris, sans permis spécial au-delà du permis correspondant au poids.

  • Armement neutralisé et certifié par un armurier agréé.
  • Patins en caoutchouc obligatoires sur les chenilles pour ne pas abîmer la chaussée.
  • Vitesse limitée, assurance spécifique, itinéraire déclaré au-delà de trente tonnes.
  • L'homologation passe par un contrôle technique agréé : la procédure est simple, les exigences de sécurité ne le sont pas.
Code de l'aviation civile

Aviation civile et avions de chasse démilitarisés

Avec la licence de pilote correspondante, un particulier peut voler sur un avion de chasse retiré du service.

  • Canon et lance-missiles retirés ou neutralisés ; aucune munition à bord.
  • Le radar d'origine est autorisé, mais le verrouillage actif d'un appareil civil plus de cinq secondes est interdit, pour ne pas affoler les équipages des avions de ligne.
  • Transpondeur allumé en permanence ; vols supersoniques uniquement dans les zones prévues.
Code de la santé publique

Alimentation, agriculture et hygiène

Tout ce qui se mange, se boit ou se soigne obéit à des normes strictes, contrôlées par l'Agence III de coordination médicale.

  • Traçabilité complète de la ferme à l'assiette ; contrôles sanitaires réguliers des élevages, des cultures et des cuisines.
  • Un produit dangereux est retiré du marché dans les 24 heures ; la tromperie sur la qualité est un délit.
Loi fondamentale, art. 5

Corruption

La corruption d'un agent public est traitée comme une trahison.

  • Peines de prison lourdes et confiscation de tous les biens issus de la corruption.
  • Inéligibilité à vie pour un élu, révocation définitive pour un fonctionnaire ou un juge.
  • Le corrupteur est puni comme le corrompu.
Loi fondamentale, art. 7 et 8

Parole, presse et cultes

Chacun peut critiquer le gouvernement et ses dirigeants, en public, dans la presse ou en ligne.

  • Seuls sont punis l'appel à la violence, la diffamation et la divulgation d'un secret de défense.
  • Le culte est libre pour tous depuis 1997 ; trois confessions ont un statut officiel.