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Eldoria Archives Nationales

Politique

Institutions et lois — 969 à 2018

Mille quarante-neuf ans d'évolution institutionnelle sans une seule révolution. D'un royaume de clans à un État technocratique, chaque transformation majeure a été conduite par le pouvoir en place — y compris celle qui l'a supprimé.

Repères institutionnels

Régimes successifs
4
En 1 049 ans
Guerres civiles
0
Depuis 969
Chefs d'État
2
Depuis 1931
Agences nationales
4
Créées en 1984
Dynastie Vinter
1 049 ans
Cérémonielle depuis 1908
Activations du CEC
1
En 1971

Sommaire

I

Les quatre régimes

Succession institutionnelle

ROYAUME DE VINTERMARK

Monarchie clanique fondée par Aldric Vinter sur l'unification de sept clans. Le roi gouverne avec un conseil des chefs de clan ; le droit demeure coutumier et oral. Trois piliers sont posés dès l'origine et ne seront jamais reniés : le commerce, la discipline militaire, la pluralité religieuse.

EMPIRE DE VINTERMARK, PUIS ELDORIA

Édouard II se fait couronner empereur en selon le cérémonial triple. Le pouvoir devient héréditaire et absolu. Le royaume prend le nom d'Eldoria en au couronnement de Godefroy V. La constitution limitée de , inspirée du modèle Meiji, crée un parlement consultatif.

EMPIRE — TRANSITION DE FONCTION

En , l'empereur Aldric X transfère volontairement l'exercice du pouvoir au gouvernement. L'Empire n'est pas aboli pour autant : c'est la fonction impériale qui se détache de la dynastie. La maison Vinter conserve son nom et son rang cérémoniel, mais cesse d'exercer.

En , Alexandre Lecompte accède à cette fonction. Il n'est pas un Vinter — c'est le premier et le seul souverain eldorien étranger à la dynastie fondatrice. L'Empire subsiste sous son autorité pendant quarante ans, jusqu'à sa mort.

L'ÉTAT DE LA LOI FONDAMENTALE

— aujourd'hui

La mort d'Alexandre Lecompte en met fin à l'Empire. Le Conseil Exécutif de Continuité s'active, assure l'intérim et choisit, sur la sélection du SRM, Ivankov Schmidz, qui prend le titre nouveau de Chef d'État suprême. La Loi fondamentale du 1er octobre 1971 crée une Assemblée nationale pluraliste de trois cents députés, qui propose et vote les lois ; le Chef d'État les promulgue ou les refuse. Le Rêve Eldorien est annoncé dans la foulée — contrepartie sociale de la concentration politique.

La continuité comme principe

Aucune de ces transitions n'est née d'un soulèvement. En , l'empereur cède le pouvoir de son propre chef. En , c'est le gouvernement constitutionnel lui-même qui abolit la monarchie et se dote de pouvoirs élargis.

Cette particularité explique la longévité de la maison Vinter : n'ayant jamais été renversée, elle n'a jamais eu à être vengée ni effacée. Elle demeure en 2018 le symbole d'une continuité que le régime revendique plutôt qu'il ne la combat.

II

Le Chef d'État suprême

Attributions

La fonction, créée en , réunit ce que les régimes antérieurs séparaient : direction du gouvernement, commandement des armées, conduite de la diplomatie, nomination des juges de rang supérieur et autorité exclusive sur l'arsenal nucléaire.

Elle n'est ni élective ni héréditaire. Le successeur n'est pas choisi librement : le SRM établit une sélection de candidats, évalués sur plusieurs années, parmi lesquels le titulaire fait son choix ; ce choix doit ensuite être confirmé par le Conseil Exécutif de Continuité, la « chambre de succession ». En cas de vacance imprévue, c'est la chambre qui choisit elle-même sur la liste du SRM — ainsi fut désigné Ivankov Schmidz en 1971.

Titulaires du pouvoir exécutif suprême depuis 1931
Titulaire Période Durée Actes fondateurs
Alexandre Lecompte 40 ans SRM, Projet Aurora, OTMN, abolition de la monarchie
Conseil de Continuité 6 semaines Stabilisation, désignation du successeur
Ivankov Schmidz — 47 ans OMCI, guerres de 1981-82 et 1996, agences nationales, Electrotek, AGON

Le problème de la succession

Deux titulaires en quatre-vingt-sept ans : la fonction produit une stabilité exceptionnelle et une vulnérabilité correspondante. Une politique conduite sur quarante ans par une seule personne acquiert une cohérence qu'aucune démocratie ne peut atteindre — et s'expose à une rupture brutale le jour de sa disparition.

La mort soudaine de Lecompte en a démontré les deux faces du système : six semaines d'incertitude absolue, puis une transition exécutée sans le moindre trouble.

Le protocole de succession

Après 1971, la chambre de succession a fixé par écrit ce que la mort de Lecompte avait laissé à l'improvisation. Le protocole découle des articles 17 et 18 de la Loi fondamentale : le SRM sélectionne, le Chef d'État choisit, la chambre confirme. Il ne repose sur aucune limite d'âge : c'est la préparation du successeur, et non le départ du titulaire, qui est organisée.

  1. 1

    Vivier · Tous les cinq ans

    Le SRM suit, sans qu'ils le sachent, quelques dizaines de jeunes Eldoriens repérés pour leurs résultats, leur caractère et leur discrétion. Aucun n'est fils ou fille d'un dirigeant.

  2. 2

    Contact · Jour J

    Une lettre est remise en main propre, au domicile. Le candidat peut refuser sans conséquence ; le refus reste secret.

  3. 3

    Évaluation · Premières semaines

    Installation à Aldara, entretiens, épreuves écrites et premières évaluations par le SRM.

  4. 4

    Formation · Plusieurs mois

    Le périple incognito chez les grandes puissances et les meilleurs alliés, puis l'apprentissage des codes, de la conduite, de la défense et des savoirs d'État ; briefings réservés, évaluations psychologiques.

  5. 5

    Finale · Un an après le contact

    Trois candidats au plus restent en lice. Phase militaire à l'Académie Varenne de Konya, simulations de crise.

  6. 6

    Choix · Rencontre privée

    Le Chef d'État rencontre seul chacun des finalistes, puis choisit. L'élu peut encore refuser.

  7. 7

    Confirmation · Chambre de succession

    Le Conseil Exécutif de Continuité confirme le choix (art. 17). Le nom reste secret jusqu'à la vacance du pouvoir.

Santé et âge du titulaire. Un bilan médical complet est remis chaque semestre à la chambre de succession, jamais publié. Si le Chef d'État ne peut plus exercer, la chambre constate l'incapacité, assure l'intérim et installe le successeur confirmé ; à défaut de successeur, elle choisit elle-même sur la sélection du SRM (art. 18), comme en 1971. En 2018, Ivankov Schmidz a quatre-vingts ans.

Le SRM lui-même n'échappe pas à la question : trois directeurs seulement en quatre-vingt-cinq ans. Depuis 1989, chaque directeur désigne en secret un adjoint capable de prendre la tête du Service du jour au lendemain, confirmé par la même chambre.

En 2018, la sélection en cours porte sur une génération née à la fin des années 1990. Le calendrier qu'elle prévoit est retracé dans la fiche de Sakura Aldricova.

La formation des futurs chefs d'État

Entre le contact et la finale, chaque candidat suit la même formation. Elle ne cherche pas à fabriquer un diplomate de plus, mais quelqu'un qui sait comment vivent les autres pays, comment fonctionne le sien, et comment tenir dans une crise.

Programme de formation des candidats à la succession
VoletQuandContenu
Le péripleQuatre mois environUne visite d'État sans l'État : le candidat voyage incognito, sous l'identité d'un étudiant ou d'un jeune chercheur, escorté à distance par le SRM. Sept pays sont fixes — États-Unis, Chine, Russie, Japon, France, Allemagne, Suède — et s'y ajoutent un ou deux pays choisis parmi les meilleures relations du moment, ou là où se joue un enjeu politique de l'époque. Le but n'est pas de rencontrer des dirigeants mais de voir comment on vit vraiment : transports, hôpitaux, administrations, prix, conversations. Chaque étape donne lieu à un rapport écrit.
Les codesAvant et après le péripleProtocole diplomatique, étiquette des cours et des chancelleries étrangères, conduite d'une négociation, prise de parole publique et face aux médias.
La conduiteQuelques semainesPermis de conduire s'il manque, puis conduite d'escorte et d'évitement avec la sécurité du Chef d'État.
La défensePendant toute la formationUne discipline de combat ou de défense praticable en Eldoria, au choix : Tensu, boxe, escrime, judo, lutte, tir sportif… Le candidat qui atteint déjà un haut niveau en est dispensé, comme Sakura Aldricova avec sa 3ᵉ voie de Tensu.
Les savoirs d'ÉtatTout au long de la formationHistoire nationale et mondiale, économie (budget, Mark, OMCI, détroits), Loi fondamentale et droit, géographie des territoires, cours donnés par les Archives, le Trésor et l'Assemblée.
Les armesPhase finalePhase militaire à l'Académie Varenne de Konya : commandement, simulations de crise, doctrine nucléaire et protocole de l'autorité de tir.
Le renseignementPhase finaleBriefings du SRM sur les dossiers réservés, puis évaluations psychologiques avant la finale.

Pour Sakura Aldricova, le périple prévu de février à mai 2019 passe par le Japon et la France, puis les États-Unis, la Chine, la Russie, l'Allemagne et la Suède ; l'Arabie saoudite y est ajoutée, parce qu'elle est alors le principal terrain de rivalité politique entre Eldoria et les États-Unis. Voir sa fiche.

Les chefs d'État, de 969 à 2018

Quatre régimes en mille quarante-neuf ans, sans révolution : chaque passage s'est fait par transfert, jamais par renversement.

969127819082018
  1. 969
    Aldric VinterRoi de Vintermark

    Unifie les sept clans du Khorosan et fonde la dynastie.

  2. 971 — 1278
    Rois de Vintermark

    Huit rois après Aldric : Godefroy, Aldric II, Godefroy II, Hugues III, Baudouin, Amaury, Bernard et Thierry.

  3. 1278
    Édouard II VinterPremier empereur

    Transforme le royaume en empire héréditaire ; cérémonial triple du couronnement.

  4. 1301 — 1856
    Empereurs Vinter

    Seize empereurs, d'Aldric V à Henri. Raoul IV fonde Aldara en 1487 ; en 1642, le couronnement de Godefroy V donne au pays le nom d'Eldoria.

  5. 1856 — 1902
    Marguerite-Sakura IreImpératrice

    Révolution industrielle, école gratuite et obligatoire, constitution de 1889.

  6. 1902 — 1908
    Aldric XEmpereur

    Dernier Vinter à régner : il transfère l'exercice du pouvoir au Parlement en 1908.

  7. 1908 — 1931
    Gouvernement parlementaire

    La fonction impériale est détachée de la dynastie ; le pays est gouverné par le Parlement. Chefs du gouvernement à compléter.

  8. 1931 — 1971
    Alexandre LecompteEmpereur

    Quarante ans : SRM, programme nucléaire, OTMN. Dernier empereur.

  9. juin — août 1971
    Conseil Exécutif de ContinuitéIntérim

    Six semaines de transition après la mort brutale de Lecompte.

  10. 1971 — 2018
    Ivankov SchmidzChef d'État suprême

    Refuse le titre impérial. OMCI, agences nationales, trois guerres gagnées. Quarante-sept ans au pouvoir.

III

Le Conseil Exécutif de Continuité

Origine — le Conseil des Six

L'institution naît en sous le nom de Conseil des Six, organe secret créé pour piloter la sortie de l'Axe. Six hommes — trois militaires, deux diplomates, un industriel — reçoivent mandat de négocier avec les Alliés à l'insu du gouvernement officiel.

C'est ce Conseil qui organise les pourparlers de Beyrouth avec la France Libre et fait parapher l'accord provisoire du . Il ne sera jamais dissous.

Fonction contemporaine

Le Conseil est en sommeil permanent. Il ne se réunit qu'à la mort ou à l'incapacité du Chef d'État. Sa composition — désormais neuf membres — est connue de trois personnes seulement. Chaque membre ignore l'identité des autres jusqu'à l'activation.

Sa seule activation eut lieu en . Le Conseil assura la continuité de l'État pendant six semaines, puis choisit, sur la sélection établie par le SRM, Ivankov Schmidz le . Il retourna ensuite au sommeil.

Créé en 1944 9 membres 1 activation en 74 ans
IV

Les quatre agences

Réorganisation de 1984

Schmidz crée en quatre agences nationales autonomes, dotées d'un pouvoir réglementaire propre et rattachées directement au Chef d'État. Leur création marque le passage d'un État dirigé par des hommes à un État dirigé par des procédures.

Agence I

Sûreté nucléaire

Contrôle des installations civiles et militaires, gestion des matières fissiles, application du protocole de double clé.

Agence II

Sécurité intellectuelle

Protection des brevets stratégiques, classification des travaux de recherche, contrôle des publications scientifiques.

Agence III

Coordination médicale

Santé publique, stocks pharmaceutiques stratégiques, réponse aux crises sanitaires sur l'ensemble des territoires.

Agence IV

Standardisation militaire

Normes communes à tous les industriels de défense. Origine de l'interopérabilité totale du matériel eldorien.

L'effet de la standardisation

L'Agence IV a produit l'effet le plus visible. En imposant des normes communes — connectique, protocoles, munitions, formats de données — elle a rendu possible des systèmes comme AGON, où un chasseur de 2017 échange en temps réel avec une batterie conçue en 2005.

Aucune armée occidentale n'a atteint ce degré d'intégration, précisément parce qu'aucune n'a pu contraindre ses industriels avec la même autorité.

V

Système judiciaire

Le droit eldorien

Tribunaux, garanties du procès, peine capitale, responsabilité des juges et des législateurs, propriété, légitime défense, armes : voir la page Droit et justice et le texte de la Loi fondamentale.

Le Tribunal de Tavisky

Édifié en , il constitue la juridiction suprême du pays. Sa compétence est étendue la même année aux crimes de guerre et crimes contre l'humanité commis hors du territoire national — disposition adoptée pour juger les responsables israéliens capturés à Jérusalem. Sur proposition de la France, la peine capitale est commuée en réclusion à perpétuité.

Cette extension de compétence universelle est contestée par plusieurs États, qui y voient une juridiction de vainqueur. Eldoria répond que la Cour de La Haye souffre de la même critique, avec moins de moyens.

Le site de Black Bay

Établissement pénitentiaire classifié de haute sécurité, construit au Cap-Vert en pour les détenus de très haute valeur. Sa localisation exacte, son effectif et sa population carcérale ne figurent dans aucun document public.

Il a servi à l'internement des douze mille marins américains capturés en , libérés l'année suivante aux Accords de Genève. Les anciens dirigeants israéliens condamnés par le Tribunal de Tavisky y ont été transférés ; personne ne les a revus. Ce que le site abrite d'autre n'est pas documenté.

Le Centre Sept

Installation classifiée située dans les montagnes du Khorosan, distincte du système pénitentiaire ordinaire. Son existence n'a été reconnue qu'incidemment, à l'occasion de la déclassification partielle d'archives en 2005.

Les documents disponibles indiquent qu'il servait à l'exploitation de renseignements détenus par des individus de valeur exceptionnelle, dans des conditions de secret que le régime pénitentiaire normal n'aurait pas permises.

VI

Le Rêve Eldorien

Le pacte de 1971

Annoncé le même jour que l'abolition de la monarchie, le programme social de constitue la contrepartie explicite de la concentration des pouvoirs. Schmidz en formule ainsi le principe devant le parlement : l'État demande davantage d'autorité, il doit donc offrir davantage de sécurité.

Mesures du programme social de 1971 et leur état en 2018
Mesure Année Portée en 2018
Réforme fiscale Imposition progressive, exonération des revenus modestes
Repas étudiants Subvention intégrale, tous cycles, sans condition de ressources
Protection sociale Couverture nationale, réservée aux ressortissants
Gratuité du supérieur 186 universités, gratuité totale incluant les étrangers boursiers
Doublement universitaire Campagne achevée en 1986, 93 établissements créés
Infrastructures énergétiques Huit centrales nucléaires civiles, réseau conçu pour résister à une frappe

Réfugiés et immigration

La politique adoptée en , face aux bouleversements régionaux, demeure inchangée : l'accueil est strictement temporaire. Eldoria finance des camps, fournit une assistance et négocie des retours, mais n'accorde pas la nationalité aux populations déplacées.

L'accès à la citoyenneté existe mais suit une voie unique : résidence de douze ans, maîtrise certifiée de la langue, service civique ou militaire accompli, et adhésion déclarée à l'une des trois confessions reconnues ou au statut civique laïque.

VII

Le protocole nucléaire

Autorité de tir

Depuis , l'autorité de tir nucléaire appartient exclusivement au Chef d'État. Aucun militaire, aucun ministre, aucun conseil ne peut l'exercer ni la déléguer. Le système de double clé n'associe pas deux personnes mais deux dispositifs distincts détenus par le même titulaire — conception voulue par Lecompte pour éliminer toute possibilité de coup d'État nucléaire.

En cas de vacance, l'autorité passe au Conseil Exécutif de Continuité statuant à la majorité des deux tiers. Cette disposition n'a jamais eu à s'appliquer : lors des semaines de vacance de 1971, aucune crise n'a exigé son usage.

Déclaration et vérification

Eldoria refuse le Traité d'interdiction partielle des essais en , au motif que la vérification internationale constitue un espionnage déguisé. Elle signe le Traité de Non-Prolifération en , en échange du soutien à sa candidature au siège permanent.

Le plafond déclaré est de 400 ogives. Aucune inspection internationale n'a jamais été autorisée sur le territoire national. Les estimations des services étrangers varient de 400 à 900.

Plafond déclaré : 400 TNP signé en 1982 Aucune inspection acceptée